L'EMPEREUR GALLIEN 253-268

  • L'empereur Gallien est un des empereurs les plus controversés de l'histoire romaine. Inconnu ou presque du grand public qui lui préfère les empereurs sanguinaires tels que Néron, Caligula ou Caracalla, emblématiques tels que César ou Auguste, philosophes tels que Marc Aurèle ou Julien l'apostat. Gallien, de surcroit est largement condamné par l'Histoire Auguste (textes latins écrits après sa mort) alors que les historiens grecs ont plutôt tendance à l'encenser. Malheureusement, les historiens français jusqu'au XIX éme siècle se réfèreront davantage à l'Histoire Auguste et laisseront de cet empereur une image terrible (décadent, lâche, débauché, incompétent ...). Heureusement, au XX éme siècle, Léon Homo lui rendra grâce en réhabilitant son oeuvre.

Pourtant, on peut imaginer, dans ces périodes troubles de l'histoire de l'ancien monde, qu'un Empereur dont le règne s'inscrit dans la durée, marque son époque.

Ce fut le cas d'AUGUSTE (plus de 40 ans de règne), TIBERE (22 ans), TRAJAN (19 ans), HADRIEN (20 ans), ANTONIN (22 ans), ...
Entre ALEXANDRE SEVERE (13 ans de règne, mort en 235) et DIOCLETIEN (début du règne en 284, 20 ans de règne), seul GALLIEN a régné près de 15 ans.
Sur 27 Empereurs qui ont eut le pouvoir en 50 ans :

  • 12 ont régné moins d’1 an
  • 8 entre 1 et 2 ans
  • 2 entre 2 et 3 ans
  • aucun plus de 7 ans

 

On garde de lui trois faits fondamentaux :

  • Il a supprimé la fonction militaire des sénateurs en 262 :
    Les postes vont revenir aux plus capables ! On comprend mieux l’animosité à son égard ...
  • Il a laissé se développer 2 états indépendants :
    • l’Empire Gaulois avec Postume
    • l’Empire de Palmyre avec Odenath
  • Il a favorisé le christianisme
    (Edit de tolérance ou "petite paix" de l’Eglise) en 260

 

 

  • Empereur cultivé, philhellène, il favorise les arts : c’est une époque brillante pour la peinture, la sculpture et la philosophie.

Sa cour est animée par sa brillante et cultivée épouse SALONINE (native de Grèce) ... dont "on" dit qu’elle avait quelques penchants pour la religion chrétienne.
A sa cour le philosophe PLOTIN (néo-paltonicien) anime la conversation et les idées (on y trouve aussi son élève Porphyre).

Certains auteurs s'appuient, pour confirmer leurs dires sur un antoninien de Salonine avec au revers soit AUGUSTA IN PACE soit AUG IN PACE
Ils font ainsi référence à ces paroles qu'on chante à l'office des morts et qu'on retrouve sur les pierres tumulaires  : REQUIESCAT IN PACE;
Ils semblerait que cette légende de revers n'a rien à voir avec un possible penchant de l'impératrice pour la religion chrétienne.
On peut imaginer que ce « penchant », si penchant il y avait,  n'aurait rien eu d'exclusif, Vénus, Vesta, Diane, Céres, Junon, pour ne parler que des Dieux majeurs du Panthéon romain, sont aussi largement représentés sur les monnaies de Salonine.
Qu’elle ait eu une curiosité bienveillante envers les chrétiens est probable, ne serait-ce que d'un point de vu philosophique (rappelons que Plotin regarde tout être et tout non-être comme des modes de l’Un, que l’âme de chacun de nous fait partie de cette plus grande Âme qu’est l’Âme du monde (Lucien Jerphagnon id.). Ca fleure bon le monothéïsme, non ?

  •  Sur le plan financier il ne put empêcher l’inflation de prendre des proportions extraordinaires.

De 253 à 268 la monnaie se déprécia fortement, la teneur en argent déclinant pour pratiquement disparaître tout à fait.
Les premières monnaies sont en argent, puis, au fil du temps ...



 

 

 

Que lui reprochent les historiens antiques (l’Histoire Auguste, Aurelius Victor, Euthrope)   ?

  • Ils le peignent comme quelqu’un de cruel : pourtant à la différence de son père qui a persécuté les chrétiens, il promulgue dès 260 un édit de tolérance.
  • Ils le disent débauché : rien ne le prouve et sous son règne les chefs d’œuvre fleurissent, Plotin le néo-platonicien est à la mode, les arts, la peinture sont favorisés, c’est un homme cultivé et intelligent qui privilégie la compétence au nom, la paix à l’aventure. Philhelène, il est sans doute pétri de philosophie.
  • Ils le disent indifférent au sort de l’Empire : pourtant il a réformé efficacement l’armée pour qu'elle puisse intervenir rapidement partout où le besoin se fait sentir. Sous son règne, le rôle de la cavalerie est primordial.
  • Ils le disent lâche pour avoir abandonné son père aux mains de Sapor I (en 259 GALLIEN inflige une cuisante défaite aux ALAMANS (ils ne réapparaîtront plus avant 267). C’est après cette victoire qu’il apprend la capture de son père par le roi des Perses SAPOR I) :
                   Que pouvait-il faire d’autre pressé qu’il était, en Gaule et dans les provinces danubiennes,  par les Barbares, en Orient par les Perses ?
                   En laissant le pouvoir à Postume et à Odenath, deux généraux de talent, il a protégé     l’Empire.
                   Le pouvoir était à Rome beaucoup trop fragile face aux sénateurs pour engager une campagne risquée contre le Perse.En fait Gallien a retardé par ses actions la Chute de l’Empire Romain et favorisé l’arrivée des généraux illyriens de son Etat Major au pouvoir.
                   N’oublions pas que sous son règne la peste fait de terribles ravages : l’Histoire Auguste avance le chiffre (incontrôlable) de 5 000 morts par jour !

On peut dire sans excès que GALLIEN fut un des Empereurs importants de l’Empire Romain.

Ses 15 ans de règne n’ont pas apporté la paix. Soit ! Mais ils ont évité le Chaos !

En ce sens il mérite une place de choix au Panthéon des grands Empereurs Romains.

 

CLAUDE II dit LE GOTHIQUE (appelé ainsi en raison de ses victoires sur les Goths), originaire de Dalmatie, commence sa prise du pouvoir par un donativum de vingt pièces d'or par soldat, pour calmer les armées mécontentes du meurtre de Gallien
Pour un empereur paré de tous les vices (nous parlons de Gallien), il paraît curieux  que son successeur se voit obligé d'agir pour calmer les esprits, dans le même état d'esprit, il s'empressa de faire voter l'apothéose de Gallien,  ce qui permettait, aussi, en outre, de couper court aux rumeurs de son implication dans l'assassinat de son prédécesseur.

 Cet apothéose ne s'adressait sans doute pas seulement aux légionnaires (Caracalla était lui aussi fort aimé de ses soldats) mais peut être surtout aux romains. Quid du portrait dressé par l'Histoire Auguste ?

 

Pour donner une image de son règne il nous faudra montrer les monnaies de:

- Valérien I son père

- Mariniane sa mère

- Salonine son épouse

- Salonin et Valérien II ses fils

- Sapor I roi perse qui a fait prisonnier Valérien I

- Postume général d'origine gauloise , usurpateur en Gaule (ses monnaies sont présentées dans l'onglet "l'empire gaulois")

- Macrien et Quiétus usurpateurs en Asie

- Auréolus maître de cavalerie de Gallien qui se révolte en 268 et bat monnaie pour Postume

 

De plus l'iconographie des différents ateliers monétaires qui ont battu monnaie pour Gallien entre 253 et 268, mérite qu'on s'y attarde.

 

 En cliquant sur la photographie vous aurez une description sommaire de la monnaie.

 

 

La collection ci-dessous n'est qu'un échantillon des monnaies de Gallien. Ce sont plus de 1500 monnaies qui ont été frappées dans les ateliers impériaux pour l'empereur, auxquelles il faut ajouter les monnaies frappées pour Valérien I, Marinianne, Salonine, Valérien II et Salonin. La monnaie de Sapor I et celles de Quiétus, Marcien et Auréole ne sont présentes qu'à titre d'illustration des évènements politiques de la période.

L'échantillon, à ce jour, est de 250 monnaies de Gallien.

Manquent les monnaies d'or (aureus), les quinaires d'argent et les médaillons, d'une très grande rareté et ... fort chère.

 

Régulièrement on trouve des monnaies inédites (non répertoriées, notamment dans le MIR de Göbl sorti en 2000). Ce sont, pour l'essentiel, des variantes (une césure dans la légende, non connue; une erreur de frappe : avers de 267 et revers de 257 par exemple (on dit "des hybrides") jamais répertoriées; une gravure modifiée ...).

 

Les monnaies Provinciales (frappées en Grèce, en Macédoine et en Asie Mineure) sont très nombreuses et souvent plus rares que les monnaies Impériales. Chaque cité frappe ses monnaies à l’effigie de Gallien et de sa famille. Elles sont rarement en très bel état. On les trouve surtout en bronze ou en cuivre (les monnaies d'argent existent pour certaines cités) et ne sont frappées qu'en petites quantité par rapport aux monnaies impériales, ce qui fait l'extrême rareté de certaines d'entre elles.

Vous en trouverez quelques-unes ci-dessous.

 

VALERIEN I (253 - 260)

Certaines monnaies de Valérien présentent un portrait très différent du portrait "classique" des monnaies de Rome ou Trêves

Ceci est du au fait que les graveurs ne possédaient pas encore le portrait "officiel" du nouvel l'empereur

ex: antoninien avec revers SALUS AVGG et IOVI CONSERVATORI frappés à Rome dès 253 où Valérien ressemble à Volusien et Emilien

Une autre curiosité pour certaines monnaies frappées à Trêves (ou Cologne) avec un portrait très jeune pour cet homme de 60 ans qui a fait penser que ces monnaies avaient été frappées pour Valérien II fils de Gallien et petit-fils de Valérien I (ex revers: DEO VOLKANO qui est pourtant une monnaie frappée en 259/260)

MARINIANE épouse de Valérien et mère de Gallien

SAPOR I roi de Perse (240 - 272)

Shapur, Shapour, Châhpour ou Sapor Ier est un roi des rois de l'Empire sassanide de Perse ayant régné de 240 à 272 ap. J.-C.

En 241, à la mort de son père, Ardaschir I, fondateur de la dynastie sassanide, il détient seul le pouvoir

en 243 et 244, il combat les romains, Gordien III puis Philippe qui signe une déshonorante paix avec lui. En 250 il occupe l'Arménie.

A partir de 252 il entre en guerre à nouveau contre Rome. De victoires en défaites, la lutte se poursuit jusqu'à la capture de Valérien I en 260.

de 261 à 267, semble t'il, Odenath,roi de Palmyre et allié des romains, réussi à contenir les perses et remporte quelques belles victoires en 260 et 267. Après l'assassinat d'Odenath en 267, son épouse Zénobie qui a pris le pouvoir, se désintéresse de la Perse qui est restée neutre lors de sa prise de pouvoir.

A partir de 267 et jusqu'à 272, date de sa mort, Sapor se tournera vers les compromis et la diplomatie, le temps de la guerre, pour lui, est bien terminé.

Ses fils Hormizd, Vahram et Narsès, lui succéderont successivement.

SALONINE épouse de Gallien et mère de Salonin et Valérien II

VALERIEN II (256 - 258) fils de Gallien et Salonine

SALONIN (258 - 260) fils de Gallien et Salonine

QUIETUS (260 - 261) fils de Macrien père, usurpateur en Syrie

MACRIEN le jeune (260 - 261) fils de Macrien père, usurpateur en Syrie puis en Illyrie

AUREOLUS (268) maître de cavalerie de Gallien, il se révolte en 268 et bat monnaie au nom de Postume

GALLIEN (253 - 260)

Le règne de 15 ans de Gallien laisse à penser que les monnaies frappées sont nombreuses et variées. Les ateliers monétaires sont les suivants:

Trêves ou Cologne, le débat n'est pas tranché ; en aucun cas il ne s'agit de Lyon comme souvent présenté dans le passé. Les monnaies conservent encore un aloi cohérent d'argent. Elles sont frappées conjointement avec Valérien (il s'occupe de l'orient et Gallien de l'occident) comme l'indique le doublement du "G" dans la légende du revers. Le double G disparaîtra avec la capture de Valérien par Sapor I.

Milan dont la particularité est d'avoir frappé monnaie, entre autre,  pour les légions (monnaies rares)

Viminacium, dans les balkans ; atelier créé par Gordien III et qui durera jusqu'à Gallien. On frappe des antoniniens et du bronze (sesterce, dupondius, as).

Siscia, Sisak en actuelle Croatie. Atelier peu prolifique, les monnaies sont assez rares.

Antioche dans l'actuelle Turquie, atelier prolifique qui frappe essentiellement des antoniniens souvent de belle facture avec une argenture souvent complète. Au décès d'Odenath, en 267 semble t'il, l'atelier va émigrer à Cyzique ; pour différencier l'atelier on mettra à l'exergue: SPQR (Senatus Populus Que Romani).

Samosate, atelier oriental, battra monnaie mais ses monnaies sont parfois présentées sous le terme laconique d'"atelier secondaire d'orient" sans plus de précision. Il pourrait s'agir d'un atelier itinérant suivant les armées, en orient, lors des batailles.

Sirmium, Smirne, semble avoir battu monnaie ; un antoninien est souvent présenté comme issu des ateliers de Sirmium.

Rome enfin est l'atelier qui frappera les derniers sesterces, dupondius, as et deniers ou quinaires de bronze.

On doit à cet atelier de nombreuses séries : personnages assis, bestiaires, ...

C'est l'atelier le plus prolifique de l'empire.

Il ne faut pas oublier que l'empire se compose aussi de Provinces qui possèdent des Cités plus ou moins autonomes et qui chacune bat monnaie soit avec une légende grecque, soit avec une légende latine.

Cette numismatique est en très grande partie en bronze (quelques unes en billon et en argent), sur des flans parfois très grands (supérieurs à 30 / 35 mm) et autorise une iconographie des plus intéressante. Ces monnaies sont parfois très rares.

 

Les ouvrages de références sur la numismatique de Gallien:

  • les catalogues CGB de vente de monnaies antiques (une description précise de chaque monnaie mise en vente, remarquable !)
  • le MIR (Moneta Imperii Romani) de Robert Göbl paru en 2000 et en 2 tomes. L'ouvrage est en allemand mais reste facile d'utilisation. C'est l'ouvrage de base pour Gallien.
  • LE TRESOR D'EAUZE Bijoux et monnaies du IIIe siècle après J-C ; éditions APAMP Toulouse 1992 ; un autre ouvrage de référence sur Gallien grâce à l'étude de cette trouvaille en 1985 d'un dépôt de 28003 pièces qui couvrent la période qui va de Commode (177-192) jusqu'à Gallien et Postume, soit 268 après J-C.
  • Description Historique des MONNAIES frappées sous L'EMPIRE ROMAIN, de Henry COHEN, tome V, 1885, réédité en 1995. Reste une base incontournable mais pas suffisante pour Gallien.

quelques ateliers provinciaux

l'atelier de Trêves ou Cologne

l'atelier de Milan

l'atelier de Milan pour les légions

Les Légions répertoriées ci-dessous :

 

Cohorte Prétorienne - Lion radié

 

Légion I - Italica - Sanglier

Légion I - Adjutrix - Capricorne

Légion I - Minerva - Minerve debout (cette légion s'est rebellée avec Postume)

Légion I - Macedonica - Victoire couronnant un aigle

 

Légion II - Adjutrix - Pégase

Légion II - Italica - Louve

Légion II - Parthica - Centaure à gauche

 

Légion IIII - Flavia - Lion bondissant

 

Légion X - Gemina - Taureau ou Bison

 

Légion XI - Claudia - Neptune

 

Légion IIXX - Primigenia - Capricorne

 

Légion XXX - Ulpia - Neptune (cette légion s'est rebellée avec Postume)

 

pour plus de détail sur les monnaies des légions voir le site suivant : http://www.fredericweber.com/articles/gallienus_monnaies_des_legions.htm

 

 

l'atelier de Viminacium

l'atelier de Siscia

l'atelier de Sirmium

Une des monnaies qui a fait couler un peu d'encre. Le RIC attribue cet antoninien à Siscia alors qu'Alföldi l'attribue à un atelier secondaire de Pannonie (Secunda Pannonia) qui pourrait être Sirmium.

Après étude (analyse métallique, similitude du portrait avec ceux d'un graveur de Rome, circulation de la monnaie -pas plus courante en Pannonie qu'ailleurs- …), Wolkow l'attribue à l'atelier de Rome, pendant la quatrième émission, dite des figures assises, entre 263 et 264.

Elle se caractérise toutefois par une argenture de meilleure qualité et un poids plus important que les émissions précédentes … et ultérieures.

l'atelier d'Antioche

antoninien, 265-268, 4.28 g, poids lourd

Avers: GALLIENVS AVG buste habillé à droite

Revers: VENHI VICTRICI (au lieu de VENER VICTRICI) voir photos ci-dessous

TTB+à SUP

achat JM Reboul 08/05/2018

la monnaie répertoriée dans le MIR à la référence 1653 f possède la légende : VENRI et n'est connue en 2000 qu'à 5 ex

Manifestement, sur ma monnaie, ce n'est pas un R mais bien un H qui est frappé.

Cette monnaie pourrait être un inédit mais la photo du MIR ne permet pas de déterminer s'il s'agit bien d'un R dans la légende. Je reste donc prudent. La monnaie n'en n'est pas moins très rare.

L'atelier de Cyzique

Odénath, resté fidèle à Rome est assassiné en 266 ou 267. Sa femme Zénobie et son fils Vaballath lui  succèdent: l'atelier monétaire d'Antioche est aux mains des palmyréniens, les ouvriers, graveurs et autres emportent les coins monétaires à Cyzique où ils battront monnaie pour Rome.

Ces monnaies se différencient de celles d'Antioche par le SPQR apposé à l'exergue du revers.

La devise Senatus populusque romanus soit : « Le sénat et le peuple romain » qu'on trouve sous ce sigle : S.P.Q.R., était l'emblème de ROME. Ces quatre lettres représentaient le pouvoir politique romain.

Une réelle gageure dans cet orient latin de la fin du règne de Gallien.

Ces monnaies de Cyzique sont rares (dans les archives de CGB, sur 3235 articles, on ne trouve que 8 monnaies frappées à Cyzique dont une seule avec le portrait à gauche).

antoninien, 267-268,  3.42 g, Avers: GALLIENVS AVG (15e monnaie connue pour revers au lion avec cette légende mais peut être inédit avec cette association de coin avers/revers (queue entre Vet I)

R/ P M TR P XV-II / SPQR, TTB très rare (RRR),

Achat Bourse d'Arras février 2011

antoninien,Avers : GALLIENVS AVG. Radiate, draped and cuirassed bust left.
Rev: VENER (sic) VICTRIX / SPQR. Venus standing left, holding spear and helmet.
MIR 1537Ab. 1 seul exemplaire recensé mais au portrait différent de celui-ci. Nous serions en présence d'un inédit.
Presque TTB  très rare (RRR)
poids : 2.97 g.

achat Numismatik Naumann  GmbH Auction 55 juin 2017 n° 652

 

antoninien, Avers: GALLIENVS AVG, buste à droite, radié, drapé

Revers: SALVS AVG / SPQR

RIC 657, Cohen 932; Goebl 1547Ac Cyzicus

Poids: 4.22 g

achat SAVOCA COINS, Blue | 7th Blue Auction, lot 1427, mai 2018

très rare (RRR)

TTB+

l'atelier de Samosate ou atelier secondaire d'orient

Atelier qui pose problème.

En effet, selon les auteurs, les monnaies sont attribuées à Antioche ou à Samosate ou, de façon lapidaire, à un hypothétique "atelier secondaire d'orient"!

Il semblerait que les portraits d'Antioche aient une tête très grosse avec une imposante draperie. En revanche pour Samosate ou l'atelier secondaire, "les proportions sont plus respectées" (CGB Monnaies 34, page 285).

Cette dernière attribution pourrait signifier qu'il s'agirait d'un atelier itinérant. L'idée est séduisante, d'autant qu'il ne paraît pas absurde d'imaginer un atelier suivant les légions, au gré des avancées et des reculs, dans la possession de territoires d'une région particulièrement troublée à l'époque de Valérien et Gallien (les romains, les perses, les palmyréniens).

l'atelier de Rome

Sans aucun doute l'atelier le plus prolifique de l'empire.

On distingue deux grandes périodes:

- le règne conjoint avec Valérien I ou sur les revers on trouve AVGG (le doublement du G)

      . On y trouve les derniers sesterces et les derniers as (il n'existe que peu de dupondius).

      . des antoniniens avec un % d'argent encore important avec des revers qui ont servi indistinctement aux deux         empereurs et des revers réservés à Gallien seul.

- le règne seul

. avec un focus sur la belle série dite "du bestiaire"

 

RÈGNE CONJOINT: Gallien - Valérien I (avant 260)

Voici une petite monnaie, peu rare. C'est un antoninien de Gallien frappé à Rome en 256. Seule curiosité: une trace de double frappe au revers. En revanche, son étiquette est beaucoup plus amusante. Rédigée à l'encre noire avec des caractères qu'on rencontre au XVIIIe et au XIXe. Elle fait référence à un ouvrage numismatique : OCCO.
C'est l'un des premiers catalogues de numismatique romaine. L'auteur, Adolphe Occo (1524-1606), a puisé dans sa propre collection, mais aussi dans celle du banquier Fugger. L'étiquette se réfère aussi à un catalogue de vente : Ordones (ou "Ordonez"). Je n'en ai pas trouvé trace. La monnaie aurait été trouvée à Carthage.
La référence bibliographique, l'écriture et même le papier utilisé me font pencher pour une monnaie d'une très vieille collection. Probablement d'avant 1859 puisque, c'est vers cette époque que Cohen sort son premier répertoire des monnaies romaines.
Comme quoi, on peut s'amuser "à pas cher"!

LE RÈGNE SEUL : 260 - 267

le bestiaire de Gallien: 6 éme et 10 éme émission de Rome (267)

les monnaies du bestiaire ne sont pas globalement rares.

Les revers courants sont nombreux: Antilope à gauche ou à droite, Cerf à gauche ou à droite, Hippocampe à droite, Pégase à droite, Panthère à gauche, Centaure à gauche ou à droite (sagittaire), Griffon à gauche, biche à droite, Chèvre à gauche ou à droite,  ...

En revanche il existe des revers très rares: Pégase à gauche, Hippocampe à gauche, Griffon à droite, Panthère à droite

Certaines représentations, que l'animal soit à gauche ou à droite, sont très rares: Lion, Cryocampe, Capricorne, Sanglier, Taureau.

Chaque animal est associé à une officine:

A: Pégase, Lion - B : Panthère - Γ : Antilope - Δ : Griffon - Є: Biche, Sanglier - ç : Chèvre, Capricorne - Z : Centaure à droite - H: Centaure à gauche, Cryocampe  - N : Hippocampe - X : Cerf - XI : Gazelle, Taureau - XII : Gazelle

 


La rareté peut aussi se trouver dans le portrait. Il est habituellement buste nu, radié à droite.

Les portraits rares seront tous les autres: buste cuirassé à gauche ou à droite, buste nu à gauche, buste drapé cuirassé à gauche ou à droite, buste habillé.

Les bustes rarissime: buste cuirassé armé (haste et/ou bouclier) à gauche ou à droite.

 

Ne font pas parti des frappes dites "du bestiaire" les monnaies frappées à Milan pour les légions. L'animal parfois représenté étant l'épisème de la légion (son animal fétiche, son emblème): lion pour les cohortes prétoriennes, Capricorne pour la Légion I et la Légion XXII, Taureau pour la Légion X ...

De même quelques frappes pour Antioche ou Cyzique: Lion avec entre ses pattes la tête d'un taureau (Rome, le lion, terrassant la Perse, le taureau)

Les frappes du bestiaires sont frappées à la fin du règne de Gallien en 267/68 et ont pour but d'obtenir la protection des Dieux ... et tout le Panthéon romain était bien nécessaire pour aider l'empereur dans cette période compliquée.

 

Les autres monnaies du règne seul pour Rome

Parmi celles-ci, on trouve les monnaies frappées en 264 et qui ne représentent que des "figures assises".

6 officines et chacune d'elles ne frappe que pour une figure (allégorie) :

P: INDVLGENTIA (l'Indulgence) - S: FORTVNA (la Fortune) - T: FELICITAS (la Félicité) - V: PAX (la Paix) - VI: SECVRITAS (la Sécurité) - Q: PVDICITIA (la Pudeur)

En 266, ce seront les frappes dites du 7e Consulat des divinités debout.

 

antoninien, Rome, 4,91 g (poids lourd), 5e officine, 262.

Avers: GALLIENVS AVG buste cuirassé à droite (frappe molle à 6h)

Revers: ANNO-(N)A AVG (coin bouché sur ne N) l'annone à droite sur une proue, des épis main gauche et un gouvernail main droite.

Dans le Göbl (MIR) le n° 493 q1 (16 ex recensés) est très proche à cette différence que le gouvernail que tient Annona est remplacé par un bâton.

Le n° 493 i (1 seul exemplaire au MIR) est possible mais la photo est de mauvaise qualité et laisse un doute sur la description de la monnaie (buste à priori cuirassé, difficile de dire s'il elle tient un bâton (ce serait alors le n° 493 q1) ou un gouvernail.

En tout état de cause cet antoninien paraît plus rare que ce que les ouvrages généraux semblent indiquer.

Elle n'est pas dans le site Wildwinds et CGB n'a pas cette monnaie dans ses archives.

achat ebay octobre 2017.

 

Trésor de Reyssouze dans l'Ain.

En 2014, 2923 monnaies romaines sont trouvées dans une cruche. Elles datent du IIIéme siècle. Elles sont de Septime Sévère, Caracalla, Julia Maesa, Geta, Gordien, Philippe, Philippe II, Trajan Dèce, Volusien, Gallien, Mariniane, Valérien, Salonine, Valérien II, Auréole, Postume, Marius, Claude II, Victorin, Tétricus, Tetricus II, Aurélien, Séverine, Tacite, Florien, Probus, Quintille, Carus, Carinus, Numérien.

 

On peut estimer que ce trésor a été enterré entre 282 et 285, sous Carin, avant le règne de Dioclétien qui commence le 20 novembre 284 et dont aucune monnaie ne figure dans le trésor.

 

La dispersion du trésor eu lieu le vendredi 24 mars à Villefranche/sur/Saône chez Guillumot-Richard.

la maison CGB en a présenté 200 monnaies dans son catalogue ROME 48 de juin 2017.

En voici deux exemplaires pour Gallien qui présentent la particularité d'être des inédits.

antoninien, Rome, 2.79 g, 267-268.

Avers: GALLIENVS AVG

Revers: VICTORIA AVGG (La Victoire des Augustes!) Victoire debout tournée vers la gauche, la main droite appuyée sur un bouclier.

il s'agit manifestement d'une monnaie hybride avec un avers pour le règne seul et un revers pour le règne conjoint avec Valérien Ier.

Voir dans le MIR les n° 114 k et l frappés en 256-257

Malgré l'état en TB, cette monnaie est rarissime et semble n'avoir jamais été décrite (absente dans les monnaies hybrides du MIR). Elle est inédite.

La frappe du revers est, soit usée, soit une frappe molle ce quine serait guère surprenant pour un coin créé 10 ans plus tôt.

Le coin mobile est toujours le côté pile (le revers) ce qui accrédite l'erreur de coin volontaire ou non (on peut imaginer que le coin de revers avec lequel on battait monnaie était cassé et que, pour ne pas arrêter la frappe, en attendant un nouveau coin, on a repris, momentanément, un autre coin plus ancien ?)

Autre hypothèse (voir Wolkow): monnaie frappée illégalement dans l'atelier de Rome par des employés qui reprénnent des coins anciens pour sortir des monnaies en fraude.

antoninien, Rome, 265-266, 1.79 g.

Avers: GALLIENVS AVG

Revers: IOVI PROPUGNAT Jupiter debout, drapé, tourné vers la gauche, lançant du bras droit, la foudre vers la gauche.

Cette monnaie présente habituellement le chiffre XI à gauche de Jupiter. Son absence, ici, était jusqu'à présent inconnu.

Malgré son état moyen en TB+, cette monnaie est rarissime puisque inédite à ce jour.

Curiosités

BIBLIOGRAPHIE:
    - Henry Cohen « Description historique des monnaies frappées sous l’Empire Romain) Rollin &  Feuardant éditeurs, tome V, 1885
    - Marcel Bordet  « précis d’histoire romaine », Armand Colin, Collection U, 1975           
    - Maurice Bouvier Ajam « Les Empereurs Gaulois » éditions Tallandier, 1984, 2000, 2002
    - Bernard Remy & François Bertrandy, « L’Empire Romain de Pertinax à Constantin », ellipses, 1997
    - Michel Christol, « Histoire politique 192-325 après JC », éditions errance, 1997
    - François Zosso et Christian Zingg, « Les Empereurs Romains, 27 avt JC – 476 ap. JC », éditions errance, 1994
    - Laurent Schmitt et Michel Prieur, « Les Monnaies  Romaines », Editions les Chevau-légers, 2004
    - Le Trésor d’Eauze
    - L'EMPEREUR GALLIEN ET LA CRISE DE L'EMPIRE ROMAIN AU IIIe SIÈCLE,  Léon HOMO, 1913
    - Robert Göbl, "MIR (Moneta Impérii Romani) Die Münzprägung der Kaiser VALERIANUS I / GALLIENUS / SALONINUS (253/268), REGALIANUS (260) und MACRIANUS / QUIETUS (260/262)"
Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, WIEN 2000